Observation d'un ébloui (Page 2 / 2)

Une étude de Alain Auderset

Observation d'un ébloui - partie 2

Le monde réel

Je suis arrivé et je repars d'Arolla dans la nuit la plus complète. Je n'y n'ai rien vu et n'y vois toujours que dalle ! Tout juste le chemin que les phares de la voiture veulent bien me montrer. En face de moi se tient une masse sombre et immense qui pointe vers le ciel. Je devine cette montagne grandiose, mais ne peux que « croire » au paysage fantastique qui m'entoure !

N'est-ce pas un peu pareil dans la vie ? Que voyons-nous des merveilles (les gens, la nature, la chance, mes pieds, le monde spirituel...*) qui nous entourent... ? Certains ont même tellement « la tête dans le guidon » qu'ils ne voient même plus Dieu qui pourtant est partout !

*trouvez l'intrus

L'univers d'en bas

A mesure que je m'éloigne des sommets, je pénètre un espace noir et opaque qui gomme tous les repères. En contrebas de ma route escarpée, je perçois les lumières d'un grand village ― semblables aux étoiles perchées dans le ciel ― et cette troublante similitude me fait croire que j'évolue en sandwich entre deux univers. De plus, certains propriétaires ont dessiné le contour de leur habitation à l'aide de guirlandes lumineuses, si bien que j'ai l'impression, totalement surréaliste, de naviguer au beau milieu de chalets flottant dans les airs !

J'arrive chez moi au même moment que le lever du soleil. Juste le temps d'emprunter une voiture, j'embrasse ma femme et, sans l'avoir réveillé, repars en direction de Bâle.

« Praisecamp » ! Tout est démesuré ici : les monstrueux vaisseaux mères de l'armée impériale de la guerre des étoiles se sont posés sur cette place publique et... ha, non... ce ne sont que des bâtiments en fait ! (Autant pour moi !) L'organisation est hyper bien huilée (et tout ça géré par des p'tits jeunes !?). Aussitôt arrivé, une jeune fille compétente m'est attribuée comme guide. Décontractée, elle est pourtant connectée à tous les paramètres logistiques de ma venue et m'en libère totalement. J'ai ainsi un incroyable sentiment de liberté qui me permet de me dédier entièrement à mon art sans me soucier de rien d'autre, c'est ouf !

6'500 jeunes sont donc réunis pour vivre les fêtes de fin d'année ensemble ! Nous plongeons dans cette foule rassemblée pour le repas de midi dans une salle gigantesque qui pourrait en accueillir trois fois plus (en même temps, si j'avais pu voir les montagnes ce matin, j'aurais sans doute relativisé...) !

La foule n'existe pas

Le brouhaha des conversations est semblable à la rumeur que provoquerait des chutes d'eaux en continu. Je me déplace essentiellement en guitare (je trouve trop ennuyeux de ne me déplacer qu'à pied !). Je surfe sur le groove de mes riff tous long de mon trajet et, au moment où je relève ma tête, je réalise que je suis debout au beau milieu d'un océan d'ados assis pour manger. Ici, je suis le seul à arborer un bandana de pirate et une barbe grisonnante, acquis au cours d'années d'expériences en haute mer de vie. Songeur, je les observe tendrement : ils ont tous l'âge d'être mes enfants. Ce n'est pas juste une foule : chacun est une personne avec une famille. Beaucoup ont des parents qui pensent à eux, des défis, des rêves, des injustices, et des interrogations, convaincus d'avoir le premier rôle dans le film de la vie.

Je suis pris d'une grande bouffée d'affection et j'imagine que pour Dieu, qui les connait tous personnellement, ça dois être encore plus fort ! J'admire cette capacité qu'Il a de pouvoir vivre ce genre d'émotions pleinement tout en réussissant à les dominer. Je ferme les yeux...

Les organisateurs n'ont pas eu le courage de me laisser monter sur la scène. Où était-ce juste du bon sens ?... Par contre, beaucoup de jeunes se sont inscrits à mon cours de dessin (plus de 200 à chaque session). Mais ils désirent plus, je le sens. Alors je leur partage aussi du lourd et du profond, le tout emballé dans de l'humour, et je réalise que ça m'éclate vraiment d'être avec eux. Dire que j'avais angoissé en imaginant ce défi ! ...Bah, l'inquiétude est une pure perte de temps...

Pas dans l'huile, mais à fond...

Deux jours et c'est reparti ! J'abandonne à nouveau ma voiture, mais au parking cette fois-ci... et je poursuis mon périple en train (la voiture, j'ai donné...) !

La France... A mesure que je m'enfonce dans ce pays, je ressens un changement radical de mentalité. C'est étrange... Pourtant, une frontière, ça n'a rien de magique, non ? Bon, en même temps, Alain, comment ça se fait que tu entendes ce qui ne se dit pas ?!... (râââ ça recommence !!)

Je perçois aussi qu'ici tout est plus difficile... Je capte les pensées des passagers... (non, je n'ai pas consommé une goutte d'alcool )... C'est comme un murmure confus. J'y discerne des angoisses existentielles liées à l'âpreté d'un mode de vie où les vraies valeurs tendent à disparaître... mais il y a aussi une tradition de franc-parler et de second degré subtil qui constituent une véritable richesse nationale ! (et si c'était un effet secondaire dû à l'accident...?) Faut dire que le train a du retard et que c'est un peu ma faute... En effet, comme j'étais parti pour le rater, j'ai demandé à Dieu de le retenir... et ça a marché ! (les mauvaises langues diront que pour un train français, il suffisait à Dieu de ne pas faire de miracle ce coup-ci...)

Gare de Valence. Je suis accueilli par le sourire chaleureux de mon chauffeur que j'identifie ainsi au beau milieu de la foule. Je reconnais immédiatement en lui quelque chose de Jésus et ça me fait un tel bien ! Après avoir passé le contrôle renforcé du campus (avec chiens de police, gardiens et tout ce qui va avec), nous accédons à cet îlot protégé à plus d'un titre. Je lève la tête et, tel un spécialiste en blindage, je me dis sans le moindre doute que la prière de beaucoup de gens couvre cet événement.

Pourtant ici, la machine ne baigne pas dans l'huile. C'est le dévouement sans partage de toute l'équipe de bénévoles et du staff qui compense le manque de moyens. Ils sont au taquet : pourvu que ces jours soient exceptionnels pour les participants qui vont arriver d'ici peu.

Les bus affluent de tout le pays, débarquant des flots de jeunes et remplissant l'air d'une ambiance électrique. Des étoiles plein les yeux, ils se réjouissent d'être à « Mad in France » ! Ils en auront pour leur compte : son, lumières, images. Les spectacles et les artistes... Tout est super pro ! Je me sens honoré d'en être et de la confiance qu'on m'accorde.

J'interviens sporadiquement avec des sketchs qui continuent de faire rire une fois la plénière terminée. Je me balade tel un électron libre un peu partout (la guitare à la main, bien sûr). Chaque fois qu'on me croise, le souvenir de mes pitreries provoque les sourires et on en rajoute une couche. J'attire systématiquement le monde à moi (à croire que des friandises tombent de ma poche), et parfois aussi certains me confient leurs peines et leurs joies. Je comprends alors que c'est quelque chose de Jésus qui déborde de moi et que c'est Lui qu'ils cherchent en fait.

Ah, si vous saviez comme je les aime ces jeunes...

Retour

Sur mon chemin du retour, je me suis de nouveau arrêté à Bâle pour reprendre la voiture. En passant, j'ai jeté un coup d'oeil à travers les vitrines du grand bâtiment où j'avais quelques jours auparavant rencontré tant de jeunes du « Praisecamp »... C'était vide, complètement vide : ce lieu avait totalement perdu de sa superbe et n'était plus qu'une coquille vide, un banal hangar dénué d'intérêt !

Je suis rentré si soulagé (épaté même) d'avoir réussi tous ces défis, mais conscient que ça recommence dans une semaine devant des plusieurs classe d'élèves de terminale à Chateaubriand....

A peine quelques jours après, j'ai fait un nouvel accident avec la voiture qu'on m'avait prêtée (si ! si !) et j'ai totalement défoncé la carrosserie d'une voiture qui s'était engagée devant moi !!...

J'ai parfois la nette impression que ma vie n'est qu'un énorme sketch qui ne s'arrête jamais ! Je suis dans mes petits souliers, mais au moins mon road trip en aura enrichi plusieurs... ainsi que moi-même ! Je n'ai pas eu l'énergie de déballer tous ces « pourquoi »... contrairement à mon entourage qui semble unanime : j'ai besoin de vacances !

Photo de Alain Auderset
Auteur de bandes dessinées - Humoriste

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