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Les leaders d’Églises 2 - Philippe Joret

© Photographe Ioannis Kounadeas - Fotolia.com

5 - Porteurs d’espérance et de joie.

L’Église du 21e siècle traite avec une génération découragée, déprimée, fatiguée et qui se sent coupable. Les gens d’aujourd’hui sont plus intéressés à apprendre quoi faire avec leurs péchés et leurs combats que de savoir qu’ils sont pécheurs.
Le monde est blessé. La vie fait mal dans un monde déchu. Comment surmonter les circonstances difficiles, les déceptions, les oppressions, les trahisons, la pauvreté, la mort ?
En ces temps, nous devons être généreux en espérance.

2 à qui nous devons d'avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu.3 Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l'affliction produit la persévérance,Lire la suite

Si nous voulons faire face à une telle absence de goût de vivre, nous devons développer un humour constant.

Quand j’ai demandé à Jean-Claude Chabloz, un leader exemplaire dans la francophonie, quelles sont des deux choses les plus importantes qui lui ont permis de tenir, il m’a dit : l’une des deux est l’humour.

Francoscopie 2003 : « La dépression pourrait être le cancer du 21e siècle ». La perte du goût de vivre se répand largement.
En janvier 2005, le commissaire européen chargé de la santé, a plaidé pour que la santé mentale soit élevée au rang des priorités politiques en Europe, rappelant que le suicide tuait davantage que les accidents de la route ou les meurtres. C’est « le tueur invisible de l’Europe », a-t-il déclaré.

Posons-nous deux questions utiles :

  1. Quels sont les éléments qui me font perdre le goût de vivre ?
  2. Comment redonner du goût à la vie ?

Exercice : moquez-vous de vous-mêmes. Notez deux incidents embarrassants qui vous sont arrivés récemment :
1- ……..
2- …….

Vivre avec son quota d’erreurs.

Nous sommes soumis à un régime permanent de mauvaises nouvelles. Les nouvelles déprimantes sont livrées à domicile par les médias, et si rien n’a été trouvé le jour même, les stocks de vieilles tragédies ressortent pour qu’on célèbre leur anniversaire.

Pour ceux qui sont à la recherche d’un travail, le discours souvent entendu est : pas de débouchés, chômage, crises, pas de retraites, et quand on trouve quelque chose… on entend : réorganisations, plan social, rachat, concurrence internationale. Les gens doivent travailler plus dur, changer ou s’effondrer. Ne soyons pas étonnés de la fréquentation des cabinets psy pour lutter contre le stress.

Ainsi, la mélancolie se fait une place sur les traits de notre visage. Pour lutter contre la douleur, le visage devient sans expression. Par nature, nous sommes joueurs et spontanés. En vieillissant, nous devenons de plus en plus sérieux et nous payons des humoristes pour faire ce que nous avons oublié ou négligé. Il est dangereux de confondre professionnalisme et sérieux austère.

6 - Générateurs de ressources, d’appels et de projets.

Le leader voit le potentiel dans les gens et il éveille le rêve endormi ou écrasé. Il augmente ce qu’il voit et touche. Le leader voit les possibilités et les ressources disponibles. Il est motivé par les défis nouveaux et les projets. Il favorise l’entreprise et le potentiel des autres. Il génère les ressources humaines, spirituelles et financières. Il exerce une influence.

Il a reçu une capacité de donner une impulsion qui fait bouger les choses

Tout le monde sait qu’il est difficile de manœuvrer un navire à l’arrêt. On a besoin de le mettre en mouvement pour pouvoir changer de trajectoire. Pensez à Néhémie : à cause du rêve de foi qui l’anime, d’une passion sur son cœur, il est moteur. Le Saint-Esprit veut nous équiper de Sa force de création et d’action. Actes 9:31 : l’Église s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit.

Un leader est quelqu’un par qui on se voit grandir. Les potentiels endormis sont éveillés dans une pression qui n’est pas lourde.

14 Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts;

Un grand homme n’est pas quelqu’un devant qui on se sent petit, mais une personne par qui on se sent grandir.

7 - Compatibilité.

Voilà une notion qui est indispensable à la vie des leaders. Paul et Jacques n’auraient pu travailler ensemble. Pourquoi ? Incompatibilité d’appel et donc de façon de voir la vie et les priorités.

Nombres 11 : Je mettrai de l’Esprit qui est sur toi sur les 70 anciens.

Pour travailler ensemble, il est essentiel d’avoir même couleur d’onction, mêmes valeurs, même mentalité et même projet, mêmes priorités.

Si vous prenez des gens pour les former comme leaders avec vous, vérifiez la compatibilité.
Les leaders efficaces sont toujours à la recherche de bons collaborateurs.

6 J'aurai les yeux sur les fidèles du pays, Pour qu'ils demeurent auprès de moi; Celui qui marche dans une voie intègre sera mon serviteur.

Alors que je cherche d’autres leaders pour nos ministères, ce texte me bénit. « Je distinguerai les hommes sûrs du pays. » Je demande un discernement pour reconnaître les hommes sûrs. Il y a des gens doués, mais je veux « des gens sûrs pour qu’ils siègent à mes côtés ».
Voyez comment Paul et Jacques auraient eu du mal à être compatibles à cause de leurs appels respectifs et de leur vision des choses.
Je sais que la synergie fait que je grandirai en fonction de la qualité des gens qui m’entourent ! Alors, je veux veiller sur la compatibilité et la qualité de ce que John Maxwell appelle « mon cercle rapproché ».

8 - Nous avons les mêmes soucis !

9 Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde.

Quand Pierre écrit aux responsables de l’Église, il nous dit de nous décharger sur le Seigneur de tous nos soucis, nous encourage à résister au diable et nous dit que nous avons tous les mêmes souffrances, où que nous soyons dans le monde. Et c’est vrai… où que nous allions dans le monde, nous avons l’impression qu’on retrouve les mêmes problèmes et les mêmes personnes. Elles ont changé de visage et de nom, mais intérieurement ce sont les mêmes. Vous savez… ce gars qui vous dit toujours que la sono est trop forte, que Dieu n’est pas sourd et que nos tympans vont être endommagés par le niveau sonore. Vous lui avez expliqué que vous cherchez à atteindre une génération qui est habituée à un niveau bien plus élevé et que ce n’est pas pour vous, mais pour eux, que vous faites cela. Il vous répond que nous n’avons pas à nous conformer à ce monde, etc. Vous voyez de qui je veux parler? Il est présent à Bujumbura, à Marseille, à Montpellier, à Montréal, à Abidjan, à Lausanne et dans votre Église locale.
Celui qui vient vous dire que dorénavant il est devenu juif, par révélation… et vous savez que c’est farfelu et souvent inexact (les dernières fois où c’est arrivé, j’ai même proposé de les circoncire sur-le-champ !) Vous l’avez dans votre Église, et nous aussi...
Celui qui dit aux nouveaux croyants que tout est beau au début et qu’après, ça devient difficile… vous l’avez aussi !
Celui qui se moque de tout, sauf de lui-même… vous le connaissez ?
Celui qui trouve qu’il n’y a pas assez de foi et de miracles. Il a sûrement raison, mais il est si ronchon. Et nous pourrions continuer la liste… mais nous avons les mêmes.

Au milieu de tout cela, un défi se présente aux pasteurs qui veulent voir leur Église se développer :

Comment maintenir l’unité quand les différents groupes envisagent les perspectives de façon partielle et radicale ?

Pensez à un pasteur d’une Église grandissante à qui les différents départements demandent de l’attention, de la considération, de l’argent pour leurs projets, parce que chacun a le sentiment que son ministère est moins considéré que les autres. Voici ce qu’il entend :
La louange est primordiale pour notre style d’Église ! Le groupe des jeunes donne l’énergie et le futur de l’Église ! Les ados et les enfants sont les oubliés ! La prière est le parent pauvre alors qu’elle est la clé du réveil ! Les relations ne peuvent pas être négligées ! Les gens ont besoin d’accompagnement pastoral et de délivrance. L’évangélisation est le centre de notre mission ! La formation biblique est indispensable si nous voulons grandir plus sainement que nous l’avons fait. Les groupes de service ont besoin de soins, de valorisation, de soutien et d’argent ! Les groupes de maison sont le cœur de la vie des disciples. Mais il faut prêcher la foi et distribuer des livres de foi ! Il y a trop de réunions, il faut soigner les familles et les couples. On ne fait rien pour les célibataires ! C’est bien joli tout ça, mais qu’allons-nous faire sans argent : vous avez vu le montant des dîmes ? Sommes-nous reconnus pour recevoir dons et legs ! Si nous ne sommes pas en règle avec l’administration, quel témoignage avons-nous ? Si les gens ne sont pas au courant, comment vont-ils s’impliquer ? Il faut améliorer la communication avec le site et le bulletin. Qu’en est-il de nos relations avec les autres Églises ? Si nous ne sommes pas impliqués dans l’unité interconfessionnelle, la bénédiction ne sera pas avec nous… et si on faisait venir un prophète, pour qu’il mette l’accent sur les péchés cachés et nous conduise dans la repentance ? Pasteur, avez-vous pensé à une école de leaders, car vous n’êtes pas éternel et il faut former des leaders ! (C’est vrai qu’à ce régime, les pasteurs sont de moins en moins éternels… dans leur poste.)

Si vous êtes pasteur leader, ce que je viens de décrire est votre quotidien comme le mien. Cela fait partie de la tension de la coordination d’une Église avec divers ministères. Si ce genre de tensions vous déchire, peut-être êtes-vous fait pour une organisation plus petite et plus simple.
Les leaders bâtisseurs de ponts reçoivent de l’énergie en coordonnant les différents départements et en donnant à chacun une place importante et une perspective globale pour la réalisation de la mission.

Ils doivent être des avocats défenseurs de chaque groupe et chaque ministère, tout en cherchant à les unir dans une situation où tout le monde est gagnant. Cela demande un cœur large, une vision large, une capacité large à négocier et appuyer chaque leader d’un département. Tout département non soutenu par le leader principal va stagner ou disparaître.

J’ai compris qu’une Église large doit être dirigée par un leader qui sait bâtir des ponts.

Quelques questions essentielles sur votre leadership.

  1. Est-ce que vous avez eu une certitude de votre appel ? Quels sont les éléments de disqualification avec lesquels vous avez eu à lutter ?
  2. Quelle est la passion de votre vie ? Si vous pouviez faire une différence dans votre entourage durant votre vie, ce serait quoi ?
  3. Quels sont vos objectifs dans cette année : relation avec Dieu, caractère, famille, Église, amitiés, évangélisation, finances ?
  4. Qu’est-ce qui a changé dans votre caractère durant l’année précédente ?
  5. Vous serez dans dix ans ce que vous êtes aujourd’hui plus les livres que vous aurez étudiés, les gens que vous aurez fréquentés, les moments passés avec Dieu. Quels sont les livres que vous avez étudiés récemment et qui ont opéré un changement en vous ? Quels sont les livres qui vous appellent dans votre bibliothèque et que vous négligez ?
  6. Avez-vous le sentiment d’agir sans accomplir ? Pourquoi ? Que faut-il faire pour améliorer cela ?
  7. Quels sont les éléments qui vous font perdre le goût de vivre ? Comment redonner du goût à la vie ?
  8. Humilité et humour sont liés. Exercice : moquez-vous de vous-mêmes. Notez deux incidents embarrassants qui vous sont arrivés récemment.
  9. Faites une liste des qualités que vous aimeriez voir possédées par les gens de votre équipe.
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