Les dons spirituels - Otto Taner

A. HISTORIQUE
Importance des dons spirituels durant la période apostolique et post-apostolique
Durant la période apostolique
L'église primitive nous a donné des preuves nombreuses de la manifestation de tous les dons dans 1 Corinthiens 12 : des malades étaient miraculeusement guéris, des possédés entièrement délivrés, des imposteurs démasqués, et des morts ressuscitaient. Beaucoup exerçaient le don des langues, prophétisaient, priaient et glorifiaient Dieu par des cantiques spirituels, selon ce que l'Esprit leur donnait d'exprimer.
La parole de connaissance, la parole de sagesse et le don de discernement occupaient aussi une place importante dans le ministère particulier de l'apôtre.
Dieu avait donné les dons spirituels pour toute la dispensation de la grâce, et une étude approfondie de l'histoire de l'Église nous montrera très clairement qu'ils furent exercés à diverses époques, en diverses circonstances, et à divers endroits, comme Dieu le désirait.
Durant la période post-apostolique
Justin Martyr (108 - 180) écrit : « Si vous désirez la preuve que l'Esprit de Dieu est venu chez nous, venez donc à l'une de nos réunions, et vous verrez comment les démons sont chassés et les malades guéris, vous entendrez les gens parler les langues nouvelles et prophétiser ».
Irénée (115 - 202) écrit : « De la même manière, nous entendons aussi dans l'église tant de nos frères qui ont le don de prophétie, qui par le Saint-Esprit parlent diverses langues et qui, pour l'édification des autres, mettent en lumière ce qui est caché et proclament les mystères de Dieu ».
Terreullien (160 - 220) écrit : « Mettez au défi Marcion (un hérétique) de vous nommer ceux qui parmi ses disciples possèdent les dons spirituels. Qu'il me montre donc des prophètes qui, non par l'entendement humain mais par l'Esprit éternel, peuvent prédire des choses qui doivent se produire, et qui peuvent révéler les secrets cachés des cœurs. Qu'il me montre donc ceux qui peuvent chanter des psaumes et prier par l'Esprit, ceux qui sont exercés à recevoir des visions - à condition bien sûr que tout ceci soit inspiré par l'Esprit ».
Chrysostome (347 - 407) et Augustin (354 - 430) confirment également que les dons spirituels se manifestaient à leur époque.
Wesley affirme que les « Montanistes » (mouvement de réveil des 2e et 3e siècles) jouissaient aussi des bénédictions des dons spirituels. L'Église n'a pu en bénéficier, uniquement parce que les chrétiens traditionalistes et orthodoxes tournaient en ridicule ces dons qu'ils ne possédaient pas eux-mêmes.
Parmi les Vaudois du Piémont (11e - 12e siècle), les Huguenots (16e - 17e siècle) et les Protestants des Cévennes (France) certains parlaient en langues, prophétisaient et faisaient l'expérience de nombreux miracles.
Le Docteur Sauer écrit : « Le Docteur Martin Luther était prophète et évangéliste ; il parlait en langues et pouvait interpréter ces langues ».
Le Docteur James Gray écrit à propos de Marc 16 : « Tous ces signes accompagnent encore la proclamation de l'évangile sur les champs de mission, et sans aucun doute, ils se répandront et se manifesteront dans le monde entier à la fin de notre dispensation ».
À leurs débuts, le mouvement baptiste et l'Armée du Salut ont également connu la manifestation des dons spirituels
Pourquoi ces dons sont-ils absents de certaines de nos églises actuelles ?
Certains enseignent que ces dons n'étaient nécessaires que pour la fondation de l'église, et que par conséquent, ils sont superflus au stade actuel. Cependant, nous n'avons aucune preuve scripturaire qui justifie une telle affirmation. Bien au contraire,

Il ne marque pas non plus de préférence pour telle ou telle personne, ni pour telle ou telle époque de l'Église

Durant toute notre dispensation, Jésus reste Celui qui donne de façon parfaite:

Par conséquent, chacune de ses promesses est accordée sans condition à tout chrétien de toute génération.

De plus, nous savons que selon Ephésiens 4 : 11 - 14, les dons et les ministères sont indispensables au perfectionnement des saints.
Certains disent que la première Église avait besoin de ces dons pour être conduite et dirigée, car à cette époque elle ne disposait pas des écrits du Nouveau Testament. Cependant, si nous lisons attentivement notre Bible, nous découvrirons que l'Église primitive sondait déjà les Saintes Ecritures, c'est-à-dire l'Ancien Testament, à propos de toute question importante




Donc, même si nous possédons actuellement le Nouveau Testament, nous avons tout autant besoin de la manifestation des charismes.
D'autres refusent simplement la bénédiction de la Pentecôte. Ils se contentent d'appeler à la repentance et à la nouvelle naissance. Mais le baptême dans le Saint-Esprit étant nécessaire pour exercer les dons spirituels, ces chrétiens ne pourront jamais jouir des charismes ni de leurs manifestations surnaturelles.
B. DONS DE L'ESPRIT ET VIE DE L'ESPRIT
Nouvelle naissance et Baptême dans le Saint-Esprit
La nouvelle naissance est d'origine surnaturelle, mais il ne faut pourtant pas la confondre avec le baptême dans le Saint-Esprit.
Par la nouvelle naissance on devient un enfant de Dieu, mais par le baptême dans l'Esprit on devient un serviteur de Dieu efficace.
Dans l'Eglise primitive, ces deux expériences étaient souvent simultanées, ou du moins très proches dans le temps.

Certes, les croyants ont dû attendre la bénédiction du baptême dans l'Esprit jusqu'à la Pentecôte.

Mais depuis ce jour, nous pouvons recevoir ce baptême dès que nous nous convertissons, comme le montre:

Cette citation montre très clairement que cette bénédiction particulière peut être reçue au début de l'expérience spirituelle, et non après un certain temps de sanctification. Cependant, l'Ecriture ajoute que tous les croyants peuvent, et même doivent, être toujours à nouveau remplis de l'Esprit.


Le baptême dans le Saint-Esprit est le don le plus désirable que nous offre le Christ glorifié. Nous ne pourrons jamais le mériter -ni par la prière ni par quelque autre pratique pieuse. Le don de l'Esprit Saint ne nous est pas accordé à cause du nombre de nos prières, mais uniquement à cause de l'oeuvre rédemptrice et de la prière de Christ pour nous.

L' Esprit et Fruit de l'Esprit
Les dons de l'Esprit sont mentionnés:

Mais les fruits de l'Esprit sont nommés:

1) Les fruits sont la conséquence directe du niveau spirituel que nous avons atteint, ils sont donc soumis aux lois de la croissance spirituelle. Mais les dons de l'Esprit sont reçus directement de Dieu ; ils sont donc par nature parfaits et achevés.
Jamais l'amour, si précieux soit-il, ni aucun autre fruit de l'Esprit, ne pourra être appelé don spirituel : il porte les caractéristiques essentielles d'un fruit, c'est-à-dire qu'il est la conséquence naturelle de la vie nouvelle reçue de Dieu.
Le même chapitre 5 des Galates, qui énumère les fruits de l'Esprit, parle aussi des nombreuses oeuvres de la chair (v 19-21) -et nul ne penserait à les appeler « dons ».
Les charismes peuvent être reçus à tout stade de la vie spirituelle et sont, par leur origine même, entièrement parfaits au moment où Dieu les accorde.
Cependant, on remarque dans 1Corinthiens que le chapitre de l'amour (ch 13) est inséré entre les deux chapitres parlant des dons. Ceci prouve clairement que, dans leur variété et leur perfection, les fruits et les dons sont à la fois nécessaires pour qu'une Eglise puisse se développer harmonieusement.
2) Il est vrai que les chrétiens de Corinthe étaient manifestement charnels, cependant Paul n'a jamais pensé à qualifier leurs dons spirituels de démoniaques, ni à essayer de les arrêter. Bien au contraire, il les a encouragés à désirer ardemment les dons les meilleurs.
1Corinthiens 13 : 2-3 prouve que les dons sont parfaitement inefficaces s'ils ne sont pas accompagnés d'amour. Cette remarque importante montre de manière évidente qu'une personne ayant un don surnaturel n'est pas nécessairement plus spirituelle qu'une autre.
L'exemple de Balaam est la meilleure illustration de cette vérité : c'était un merveilleux prophète du Seigneur, et cependant sa façon de vivre était extrêmement charnelle (Nombre chapitre 22 à 24)
En fait, il est question ici d'un seul fruit de l'Esprit : l'amour. Toutes les autres qualités mentionnées sont les éléments qui constituent l'amour (NdT).
Même si les dons (chapitre 12 et 14) sont parfaits en un sens, ils doivent être exercés toujours plus dans l'amour (chapitre 13) (NdT).
Comment obtenir les dons de l'Esprit ?
Les dons spirituels ne nous sont pas accordés en raison de nos mérites. Mais, comme leur nom l'indique, ce sont des cadeaux, de pures faveurs.
L'expression « don spirituel » ou « charisme » (en grec scharisma) dérive du mot grec « charis » qui veut dire « grâce ». Un don spirituel est un don de grâce. Dieu est donc entièrement souverain en distribuant ses dons aux hommes.



Cependant, Il désire que nous les lui demandions.

Paul exhorte les chrétiens de Corinthe à les rechercher ardemment:

1Corinthiens 12 : 7 ne laisse aucun doute : Dieu désire accorder des dons à chacun des membres de son Corps.
Timothée, par exemple, reçut certains charismes par l'imposition des mains de l'apôtre Paul.

Il en fut de même pour les chrétiens d'Ephèse.

Les croyants mentionnés ici reçurent aussi ces dons par l'intermédiaire des apôtres Pierre et Jean.

L' imposition des mains a aujourd'hui encore une importance vitale dans l'Eglise de Christ. Remarquons aussi comment Paul exhorta fortement Timothée à exercer les dons spirituels qu'il avait négligés.

La manifestation des dons de l'Esprit
Le verbe « opérer » ou « produire » utilisé par 1Corinthiens 12 : 11 implique « être rempli d'énergie ». Le mot Esprit (en grec : pneuma) 1) indique la présence d'une personne ou d'une énergie qui se manifeste et met en action un certain don. Etouffer cette manifestation, c'est attrister gravement l'Esprit Saint.

Une personne possédant un don n'est pas l'esclave de celui-ci ; elle a entièrement le pouvoir de le contrôler selon la circonstance.

Le Seigneur respecte toujours notre volonté libre, et ne vise pas à faire de nous de simples robots.
Si une personne affirme être sous le pouvoir d'un soi-disant « don spirituel », sans avoir sur lui aucun contrôle, on a toutes raisons de penser qu'elle est victime d'un mauvais esprit. Ce sont les puissances des ténèbres qui cherchent à faire de l'homme un instrument aveugle entre leurs mains.
Rappelons une fois de plus que tout don doit être exercé dans la foi.

Ce n'est qu'en ayant les regards fixés uniquement sur le Seigneur, et en entrant ainsi totalement dans le fleuve de l'Esprit, que l'on peut exercer un don spirituel de la juste manière. Dans l'exercice des dons, le seul motif valable doit être le désir d'édifier l'Eglise et de glorifier le Seigneur, mais jamais celui de nous mettre en avant ou de rechercher notre propre gloire.
Les dons spirituels sont d'origine Divine, c'est pourquoi leur manifestation doit être caractérisée par le surnaturel.
Pour clore ce chapitre, il est bon de faire remarquer que dans l'Ancien Testament, le Saint-Esprit descendait occasionnellement SUR un individu. (Juges 14 : 6, 19 ; 15 : 14 ; Ezéchiel 11 : 5). Mais dans notre dispensation, nous avons ce privilège d'avoir l'Esprit Saint demeurant constamment EN nous.

Les exemples de l'Ancien Testament nous montrent que l'Esprit de Dieu saisissait ou agitait les hommes. Mais sous la nouvelle alliance, l'héritage béni qui nous est accordé est d'être sans cesse remplis de l'Esprit
Le même mot signifie aussi "vent" (NdT)
C. Les Neuf dons de l'Esprit
Classification des dons de l'Esprit
Les 9 charismes mentionnés dans 1Corinthiens 12. 8-10 se répartissent en trois groupes :
Les dons de révélation : parole de sagesse, parole de connaissance et discernement des esprits.
Les dons de puissance : don de la foi, don des guérisons et don d'opérer des miracles.
Les dons d'inspiration : don de prophétie, don des langues et don d'interprétation
Nous étudierons en détail chaque don mentionné ci-dessus. Mais gardons à l'esprit le fait qu'il est parfois difficile, sinon impossible, de distinguer nettement le surnaturel du naturel, et de dire par exemple où finit la foi chrétienne « normale » et où commence le vrai don de la foi.
Il y a une différence entre la manifestation de l'Esprit dans l'Ancien et le Nouveau Testament. La Loi et les Prophètes rapportent de nombreux évènements miraculeux. Mais ces interventions surnaturelles n'étaient réservées qu'à un petit nombre de serviteurs de Dieu, et n'étaient pas expérimentées par le peuple dans son entier. C'était pourtant le même Esprit, troisième Personne de la Trinité, qui se manifestait alors. Si nous nous référons à tant d'exemples de l'Ancien Testament, c'est simplement parce que ceux du Nouveau ne suffiraient pas à illustrer notre étude. Ces exemples nous permettront de définir de façon précise les caractéristiques de chacun des charismes.
Gardons aussi à l'esprit le fait que bien souvent deux ou même trois dons s'exercent simultanément pour accomplir les desseins de Dieu. Par exemple, Pierre connut les pensées secrètes d'Ananias par le don de discernement, et il le livra à la puissance de la mort par le don des miracles.
Même collaboration entre ces deux dons dans Actes 13 : 11, lorsque Paul discerna de façon surnaturelle les mauvaises dispositions du coeur d'Elymas, et rendit aveugle ce magicien pervers. Dans certains cas de guérisons, c'est la parole de connaissance, le don des guérisons et le don des miracles qui agissent simultanément pour produire l'effet voulu.
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