Une église évangélique menacée de fermeture - Paul Ohlott
Depuis un an, un conflit éclate à La Courneuve.
En effet, à en croire Le Parisien, la reconversion d’un magasin de pompes funèbres en lieu de culte évangélique, ne plaît guère aux commerçants et au voisinage, qui se plaignent des nuisances provoquées par l’afflux de fidèles. Joins par téléphone, le pasteur Pathy Mutshipule nous explique qu’il s’agit d’un fâcheux amalgame.
Samedi dernier, la tension est montée d’un cran au Centre commercial des Six-Routes, lorsque dans l’après-midi, près de 500 personnes ont occupé les deux petites salles de culte, afin d’assister à une bénédiction nuptiale et à une veillée funèbre. Selon Le Parisien, Antonio Mendes, le Directeur du Leader Price situé a proximité, s’est mis en colère face à un tel «bazar» sur le parking.
«A partir de 14h30, des dizaines de voitures ont envahi notre parking et bloqué notre aire de livraisons. Voyant qu’il n’y avait plus de place, nos clients ont rebroussé chemin et nous n’avions plus personne pendant deux heures. J’ai perdu 12% de chiffre d’affaires. Cela ne peut plus continuer comme ça !», s’est-il emporté.
La polémique devient un enjeu politique
Les autres commerçants situés à côté ne décolèrent pas non plus. Selon Eric Bureau, journaliste au Parisien, «le patron de l’agence de voyages mitoyenne et le cafetier n’en peuvent plus». A tel point, que l’hiver dernier, ils ont fait circuler une pétition, qui a recueilli 360 signatures auprès des copropriétaires de la résidence du Parc, qui surplombe le centre commercial.
Toujours selon le quotidien, l’engorgement du parking n’est pas l’unique raison de la colère. L’agence de voyage dénonce également les nuisances sonores. «Certains week-ends, c’est invivable, les fêtes durent jusqu’à 5 heures», témoigne une habitante. Un mécontentement qui est devenu aujourd’hui un véritable enjeu politique. Le Conseiller Général Stéphane Troussel (PS) et le maire Gilles Poux (PC), mettent tout en œuvre pour ordonner la fermeture du local.
«Le bruit, les problèmes d’hygiène, la suroccupation, de nombreuses règles ne sont pas respectées. J’ai averti les services du préfet», affirme M. Troussel, avant que M. Poux surenchérisse : « Au-delà des nuisances inacceptables, les deux salles ne sont pas aux normes de sécurité pour accueillir tant de monde. Le moindre pépin et c’est le drame. J’ai eu beau faire deux mises en demeure il y a deux mois, rien n’a changé. La preuve samedi. Je veux donc que ce lieu ferme et je suis en train de prendre un arrêté en ce sens».
Un fâcheux amalgame
Afin d’y voir plus clair, nous avons joins le pasteur Pathy Mutshipule, en charge du Centre du Plein Evangile «Christ Amour». M. Mutshipule a été le premier surpris par l’article du Parisien, car il affirme que son église est «totalement étrangère» aux événements de samedi, que ce soit la cérémonie funéraire ou la célébration nuptiale. En réalité, le local n’appartient pas à l’église mais à une autre association qui le loue à de nombreuses oeuvres pour diverses activités.
Par ailleurs, l’église de Pathy Mutshipule, affiliée à la Fédération Protestante de France (FPF), compte entre «70 et 100 membres»… un chiffre incomparable avec «l’afflux de fidèles (entre 400 et 500 personnes)» dénoncé par le journaliste du Parisien. A ce sujet, le pasteur ne comprend pas pourquoi le journaliste ne s’est pas «donné la peine de l’appeler» pour comprendre la situation. En outre, «la salle que nous occupons ne fait que 170m²… il serait donc impossible d’y accueillir 500 personnes !», nous confie-t-il, attristé par ce «fâcheux amalgame». «Nous ne sommes pour rien dans cette affaire !», déclare-t-il.
Quant aux normes de sécurité, Pathy Mutshipule raconte qu’ils ont reçu récemment le responsable de la sécurité civile et qu’ils attendent son courrier avant d’entreprendre les travaux nécessaires. Il s’agirait principalement de l’installation d’une sirène incendie. Rien de bien méchant ! Enfin, lorsque nous lui demandons s’il pourrait déménager pour apaiser les tensions, M. Mutshipule n’y est pas opposé, à condition qu’il puisse trouver une autre salle. «Nous pouvons déménager l’église… mais il faudrait trouver d’autres locaux, ce qui n’est pas simple ! La Mairie aide certaines communautés à ce sujet, ils peuvent nous proposer des locaux».
En grande discussion avec son avocat, le pasteur nous informe qu’ils vont prendre contact avec Le Parisien et avec la Mairie. La possibilité de déposer une «plainte pour diffamation» n’est pas écartée, quand bien même l’article du quotidien ne cite pas expressément le nom de l’église.
Source : http://actu-chretienne.net/
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