Prix d'amis

Un texte de Alain Auderset

Prix d'amis

Le porte-clefs in-com-pré-hen-sible !

Samedi soir. Faut vite aller acheter un machin-truc-chose avant que ne débute la fun-soirée du groupe de jeunes. Je quitte la salle avec les clefs de la voiture qu'un pote m'a à nouveau prêtée.

A l'abri de son regard, j'analyse son porte-clefs tout en traversant la route. C'est un objet revêtu de croco à l'odeur inconnue, avec un bouton pression. Il est affublé d'un symbole chromé sensé produire un effet genre : « Hey ! Regardez comme j'ai la classe ! ». C'est tellement loin de ma mentalité que je n'arrive décemment pas à comprendre ce que je tiens dans la main (en plus c'est super dangereux : à cause de lui, je ne suis plus du tout attentif à la circulation !)… Comble de misère, je ne peux même pas me laisser aller à reprocher ce manque de goût terrifiant à un type qui vient de me prêter sa voiture de si bon cœur… (Tiens, c'est vrai ça : il est complètement inconscient, en plus !!).

Le pompon !

Je n'ai pas encore tourné la clef de contact que déjà, au travers des effluves inconnues de l'habitacle, je voyage : ce n'est pas que ça sente bon ou mauvais, c'est juste que cet univers olfactif me semble totalement étranger au mien… et je crois que j'aime bien ! Ça doit être lié à l'alimentation qui diffère d'une famille à l'autre… du coup,on transpire de l'haleine et exhale d'autres odeurs !?… J'arriverais presque à m'y faire quand, soudain, un horrible doute m'étreint : et si ce porte-clefs était contagieux ?! (C'est un truc à finir avec des pantoufles en croco montées en kit avec un pompon en laine fluo !!)…

– Non sérieux, Seigneur, tu pourrais pas me filer une voiture ? Tu vois que j'en ai souvent besoin pour servir ces jeunes… Oh, pas besoin qu'elle soit classe ! Pour moi, elle peut être pourrie (j'ai l'impression que j'aurai plus de chance d'en obtenir une si j'en demande une pourrie !)…

La mutation du client

Jeudi. Je reçois dans mon atelier (qui se trouvait à l'époque dans une usine désaffectée) un graphiste qui a demandé à me voir. Il travaille bénévolement pour une association qui œuvre en faveur des toxicos et aimerait utiliser l'un ou l'autre de mes dessins dans un but de prévention contre la drogue (oui, parfaitement, contre ! Car malgré les apparences, je ne suis pas pour !)… Comme tous les graphistes de carrière, il est revêtu tout de noir, tel un concept créatif allant à l'essentiel se terminant par un col roulé qui laisse émerger une tête attentive. Seules ses lunettes – aussi orange que deux orifices volcaniques en fusion – trahissent la présence d'une folie contenue.

Son langage est parsemé de mots qui n'existent plus que dans la grande littérature. C'est assez plaisant… pas drôle, mais presque. Je perçois, caché à l'intérieur de ce personnage construit par les vicissitudes de la vie (et par déformation professionnelle), des lueurs de pierres précieuses émises par de vraies valeurs.

Mes observations son discrètes. En effet, je me suis confectionné un visage d'écoute savamment étudié pour ne pas inquiéter son flot de paroles. Même si je ne fais que naviguer à vue sur l'ensemble de sa conversation, j'écoute attentivement ses non-dits qui m'en content bien plus sur lui. Lorsqu'il émet une parenthèse à peine perceptible décrivant son lieu de travail précaire, l'information me passe directement dans le sang : j'y reconnais une petite odeur de solitude familière qu'il m'arrive de croiser de temps en temps dans mon atelier. Il ne s'en est pas encore aperçu, mais pour moi, ce gars a dépassé le statut de « client ».

Saisissant la perche qu'il vient de me lancer, je lui propose du tac au tac :

– Laurent… et si tu déménageais dans mon atelier ?

Surpris, il s'arrête soudainement de parler. Je devine que derrière ses lunettes, tout un mécanisme d'approche vient de se gripper.

Se produit alors un phénomène quasi paranormal et le stratège aguerri qu'est Laurent, habitué à peser longuement le pour et le contre avant de prendre une décision capitale, me lance sans hésiter : « Okay ! »

Prophète express

Soudain la porte s'ouvre, laissant rentrer Priscille, une amie que je n'ai plus vue depuis longtemps. Elle n'a pas changé : elle a toujours cette mine si réjouie que je serais presque étonné d'apprendre qu'elle ne brille pas dans la nuit (très pratique pour le camping)…

Sans autre préambule, elle me lance :

– Salut Alain, Dieu m'a dit de te donner ma voiture !

Elle me tend son petit porte-clefs avec les clefs de sa bagnole ! Incrédule, je regarde Laurent qui n'arrive pas plus que moi à trouver les mots… Mais Priscille est déjà sur le départ :

– J'ai un train à prendre, ciao !

Qu'est-ce qui vient de se passer là !? J'ai à peine le temps d'esquisser une ébauche de réponse que le téléphone sonne :

– Ha oui, Dieu m'a dit encore autre chose…

A l'autre bout, Priscille me balance le truc comme s'il s'agissait d'un banal bulletin météorologique :

– …Laurent, qui se trouve dans l'atelier avec toi en ce moment, sera ton conseiller ! Voilà… à plus !

Bienvenu dans la bonne mine

Laurent a en effet déménagé dans les jours qui suivirent. C'était à l'aube de l'an 2000 et il est encore là aujourd'hui (accessoirement, c'est même devenu mon voisin du dessus). C'est un ami, un conseiller et un graphiste qui, avec d'autres collaborateurs qui sont venus par la suite (dont certains de mes enfants), m'aide à partager au monde ces richesses que nous avons trouvées en Jésus.

La voiture

La voiture est telle que je l'avais demandée : pourrie, mais tellement pratique ! Ce qui m'impressionne le plus dans cette l'histoire, c'est autant le miracle que l'attitude de Priscille pour qui ça n'a vraiment pas été un problème d'obéir à Dieu. Je ne l'ai plus revue durant des années mais, récemment, je l'ai croisée dans l'église que fréquente ma fille. A chaque fois, je suis si ébloui par le souvenir de son geste que j'ai de la peine à la voir telle quelle est vraiment aujourd'hui (probablement pire mieux encore…) Hey Priscille, ça te dirait de venir en camping avec nous ? On n'a pas de lampe de poche !

Ma voiture est très utile à tout le monde, je la prête souvent. Faut que je songe à lui trouver un porte-clefs.

Je suis bien tenté par ce mignon mini-mouton en peluche débile qui rigole…

Photo de Alain Auderset
Auteur de bandes dessinées - Humoriste

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